Tribune de Nicolas Dupont-Aignan dans Le Monde

18/12/2010 10:21 par dlr14ème_62

  • Tribune de Nicolas Dupont-Aignan dans Le Monde

    Tribune de Nicolas Dupont-Aignan dans Le Monde

    18/12/2010 10:21 par dlr14ème_62

A l’occasion du sommet européen et la crise de la monnaie unique, le journal Le Monde consacre un large dossier à l’euro. Nicolas Dupont-Aignan, qui a été le premier politique français à mettre en garde contre les effets néfastes de cette monnaie, a légitimement fait la Une des médias cette semaine. Ainsi Le Monde dans son édition de samedi publie une tribune d’une demi-page du Président de Debout la République intitulée "Retrouvons notre monnaie nationale". Vous pouvez la découvrir en intégralité en cliquant sur l’image ci-dessous.

Article du Monde




Langues otages (par Yvonne Bollmann)

18/12/2010 04:20 par dlr14ème_62

  • Langues otages (par Yvonne Bollmann)

    Langues otages (par Yvonne Bollmann)

    18/12/2010 04:20 par dlr14ème_62

…Quelques observations sur une proposition de loi de députés français relative au développement des langues et cultures régionales

 

Cet important article d’une éminente universitaire spécialiste de l’Allemagne et de sa politique qu’elle qualifie d’ « ethnique » en Europe, rejoint les positions déjà prises et publiées par Avenir de la langue française à diverses reprises.

 

121386120977 L’inscription des langues régionales dans la Constitution, lors de la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008, devait répondre aux préoccupations exprimées à leur sujet.
Des parlementaires ont alors estimé qu’il convenait de mettre en place un arsenal d’application contraignant. En février 2010, à l’initiative des députés Marc Le Fur (UMP) et Jean-Jacques Urvoas (PS), le groupe d’étude sur les langues régionales de l’Assemblée nationale décida de présenter une proposition de loi émanant de juristes alsaciens et ensuite amendée par lui, sur le statut de ces langues dans l’enseignement, les médias, la culture, la signalétique et les services publics.
En réalité, deux propositions de loi concurrentes furent préparées, chaque parti souhaitant apparaître comme le défenseur de cette cause sensible[1]. Celle des députés UMP sera déposée très prochainement[2]. Les socialistes et apparentés ont déposé la leur le 24 novembre, elle a été enregistrée à la présidence de l’Assemblée nationale le 7 décembre[3].
L’exposé des motifs, qui en fait apparaître à la fois l’ambition et les périls, montre, onze ans après, combien demeure actuelle la décision que le Conseil constitutionnel a rendue le 15 juin 1999 sur la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Celle-ci, adoptée en 1992 par le Conseil de l’Europe, avait été signée au nom de la France par M. Pierre Moscovici, ministre délégué aux Affaires européennes, le 7 mai 1999, à Budapest ; le Président de la République avait ensuite saisi le Conseil constitutionnel pour qu’il tranchât la question de la compatibilité de la Charte avec la Constitution.

Un projet coercitif

Le Délégué général à la langue française et aux langues de France, M. Xavier North, s’est demandé en février 2010 s’il était justifié de mettre en place un dispositif législatif d’application des dispositions constitutionnelles adoptées en 2008 ; l’objectif de donner au patrimoine linguistique une forme  institutionnelle lui était apparu désormais rempli. Il avait souligné que l’arsenal juridique français était déjà très riche sur ce sujet et qu’il suffirait d’utiliser de manière plus volontariste les lois existantes.
Les auteurs de la proposition de loi, eux, ne souhaitent visiblement pas en rester là. Estimant qu’il n’existe aujourd’hui « aucun cadre législatif consistant sur l’usage des langues régionales », ils veulent en faire adopter un, en particulier dans l’enseignement. Il s’agit de le substituer à la faculté laissée actuellement aux autorités académiques d’y inclure les langues régionales selon des modalités laissées à leur appréciation et précisées par de simples circulaires.
Dans la proposition de loi, ses auteurs ont inscrit « le principe d’une obligation, pour les autorités administratives, de fournir une offre suffisante d’enseignement de ces langues et dans ces langues », avec financement public, sans que cette notion d’ « offre suffisante » soit définie, de sorte que les surenchères seront toujours possibles. Une mesure d’intimidation discriminante s’appliquera aux parents d’élèves, qui devront, en cas de refus, « dûment signaler » leur opposition à un tel enseignement.
La proposition de loi prévoit que des actions pénales pourront être engagées par la HALDE et les associations de défense des langues régionales contre des « comportements discriminatoires », tels les « actes de dénigrement, d’empêchement, d’hostilité à l’encontre de l’usage et de la promotion » de ces langues. Par contre « le fait pour une offre d’emploi de réclamer la connaissance d’une telle langue ne saurait être interprété comme une mesure de discrimination ». C’est un dispositif à deux poids deux mesures en matière de plaintes pour discrimination.

Une menace pour les langues régionales et pour le français

Au motif de défendre les langues régionales, les auteurs de la proposition de loi les dépouillent de leur dimension culturelle, c’est-à-dire de ce qui fait leur dignité propre. En déclarant que « la défense de la biodiversité et celle de la pluralité linguistique relèvent au fond d’une même logique », ils assimilent ces langues à des espèces en péril, et confondent nature et culture.
Ils présentent comme « encore plus impérieuse pour les langues régionales » que pour la langue française la nécessité d’un cadre juridique protecteur. La pédagogie immersive, telle qu’elle est pratiquée dans les écoles associatives Diwan en Bretagne, est « reconnue comme légale dès lors que la maîtrise de la langue française est garantie à un niveau équivalent à celui des filières traditionnelles d’enseignement », mais le temps consacré à l’immersion dans la langue régionale est autant de pris sur celui qui pourrait revenir au français. Cette pédagogie devra bénéficier de modalités spécifiques de financement public. Un dispositif analogue est prévu pour le financement de la presse écrite en langues régionales ; ces aides financières et fiscales seront forcément en concurrence avec « celles octroyées à la presse écrite de langue française ».
 
Pour les rédacteurs, le gouvernement serait « redevable devant les générations futures » de la préservation et de la pérennisation des langues régionales. Mus par ce souci, ils oublient que le français a été pour ceux qui l’ont appris un moyen privilégié de leur émancipation ; ils font injure à ces générations passées en sous-estimant la qualité de leur effort, et leur volonté d’être jusque dans la langue citoyens de l’Etat-nation. Ils doivent laisser aux Français qui viendront après nous le soin d’user eux aussi de leur liberté, sans moyens coercitifs.
Il s’agirait également de renforcer le « rayonnement européen et international de la France », dans le cadre de sa politique culturelle à l’étranger, en accordant aux langues régionales « une place appropriée ainsi qu’à la culture dont elles sont l’expression ». Mais c’est le français qui est la langue de la République, et c’est le français qui est la langue de la liberté, sans compter que la France a des responsabilités qui lui sont propres au sein du monde de la francophonie.

Un acte mimétique

La proposition de loi convoque nos voisins de l’Union, en rappelant qu’ils ont pour la plupart « initié depuis longtemps déjà des politiques extrêmement généreuses en vue de promouvoir leurs propres langues régionales », et qu’ils « attendent de nous un geste fort en la matière ». Cet appel au mimétisme transnational n’est pas acceptable non plus, car aucune situation nationale n’est comparable à l’autre.
L’Allemagne, par exemple, qui a ratifié la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, a certes reconnu chez elle le bas-allemand, le danois, le frison, le romani et le sorabe ; mais ce texte lui permet également d’avoir un statut officiel pour l’allemand à l’étranger, celui des minorités allemandes, dans des pays qui l’ont ratifié eux aussi (Danemark, Hongrie, Pologne, République tchèque, Roumanie, Slovaquie et Ukraine).
La charte des langues est au demeurant pour une grande part d’inspiration allemande, sous la double influence de l’Union fédéraliste des communautés ethniques européennes (Föderalistische Union europäischer Volksgruppen), dont le siège est dans le Schleswig-Holstein, et qui bénéficie du soutien de fonds publics allemands, et des associations d’Allemands expulsés hors des pays d’Europe centrale et orientale après la Seconde guerre mondiale à la suite des accords de Potsdam.
L’allemand est déjà enseigné en Alsace en tant que langue régionale de France, à côté des dialectes alémanique et francique, conformément à une « convention portant sur la politique régionale des langues vivantes dans le système éducatif en Alsace » signée en 2000 et renouvelée depuis, sous l’égide de l’Etat[4]. Selon la logique propre à ceux qui considèrent que la langue définit l’ethnie, cela revient à conférer aux Alsaciens la qualité de « minorité allemande de France ».
C’est peut-être là le véritable enjeu du débat sur les langues régionales, comme le montre une tribune libre sur « la discrimination de la langue allemande »  dans les institutions européennes signée par un juge de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe et un député de la CSU.[5] Ils y écrivent entre autres que « l’allemand est langue officielle, ou langue reconnue d’une minorité, en Allemagne, en Autriche, au Luxembourg, en Belgique, au Danemark, en Pologne, en Italie et en France. » Ces deux auteurs affirment ainsi l’existence d’une minorité allemande dans notre pays. Il est temps de mettre un terme à de telles dérives.

L’enjeu ethnique

 

Pour accorder aux ethnies ce qui peut être attribué aux langues, le juriste Jean-Marie Woehrling, alors expert-consultant auprès du Conseil de l’Europe, proposa en 1993 d’inverser l’ordre langue/ethnie. Il en précisa le motif : « Une telle présentation est plus acceptable par les Etats qu’une affirmation directe des droits des minorités nationales. On ne peut certes protéger des langues sans prendre aussi des mesures en faveur des locuteurs de ces langues, mais celles-ci sont instituées comme la conséquence de la protection des langues et non comme l’expression de droits particuliers des minorités ethniques.»[6] Et il avait raison. Mieux vaut avancer masqué quand il s’agit de faire prévaloir en France des concepts contraires à l’ordre républicain.
Les rédacteurs de la proposition de loi adoptent la même méthode. En annonçant que « les actes de dénigrement ou de violation des dispositions de la présente loi » seront réprimés entre autres en tant qu’ « actes racistes », ils reconnaissent les langues régionales comme un critère racial et entreprennent ainsi leur ethnicisation, et celle des locuteurs qui y recourent.
Quant aux « dispositions particulières à certaines régions » préconisées dans la proposition de loi, elles semblent devoir favoriser une reconfiguration territoriale sur des bases régionalistes. Ainsi, en voulant instituer par la loi l’enseignement obligatoire de l’allemand dans les programmes généraux de l’école primaire en « Alsace-Lorraine » – dénomination déjà créée après 1870, par l’occupant – les rédacteurs incitent ces deux régions à se tourner vers l’Allemagne. Le même procédé est utilisé pour la langue occitane quand il s’agit d’organiser la coopération interrégionale destinée à sa sauvegarde.
Ces orientations sont incompatibles avec la Décision que le Conseil constitutionnel a rendue le 15 juin 1999 sur la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Les Sages avaient alors affirmé que cette charte, « en ce qu’elle confère des droits spécifiques à des « groupes » de locuteurs de langues régionales ou minoritaires, à l’intérieur de « territoires » dans lesquels ces langues sont pratiquées, porte atteinte aux principes constitutionnels d’indivisibilité de la République, d’égalité devant la loi et d’unicité du peuple français »[7]. Il n’y aurait pas un mot à changer dans leur Décision relativement à cette proposition de loi.

Où l’on retrouve Mme Viviane Reding

 

Parmi les voix qui ont salué l’inscription des langues régionales dans la Constitution de la Vème République, il y eut aussitôt, le 25 juillet 2008, celle de l’eurodéputé allemand Bernd Posselt (CSU)[8]. Au Parlement européen, ce partisan de l’ordre ethnique voulu par l’Allemagne a été de 1996 à 1998 le président du groupe de travail intergroupes « langues minoritaires », dont il est vice-président depuis 2004. Il dispose ainsi des instruments nécessaires pour faire adopter, sous couvert de diversité linguistique et culturelle, un droit européen des « communautés ethniques » (Volksgruppen).
Le 23 mai dernier, lors d’un grand rassemblement des « Allemands des Sudètes » à Augsbourg, M. Bernd Posselt, leur porte-parole, a annoncé que lui et la commissaire européenne Viviane Reding venaient de s’atteler ensemble à cette tâche :
« Nous avons enfin à la Commission européenne, qui a honteusement échoué des années durant – et cet échec porte un nom, celui de Günter Verheugen – une commissaire aux droits fondamentaux, la Luxembourgeoise Viviane Reding, aux côtés de qui j’ai siégé de nombreuses années à la commission des affaires intérieures du Parlement européen, qui est désormais en charge des droits de l’homme et des droits des communautés ethniques (Volksgruppenrechte). Nous sommes convenus avec elle la semaine dernière – et nous avons déjà créé une commission à cet effet – d’entreprendre à présent l’élaboration d’un droit européen des communautés ethniques (Europäisches Volksgruppenrecht) tel que notre organisation [l’Association des Allemands des Sudètes] l’a préparé et mis au point depuis des décennies. »[9]
C’est la Hongrie, comme on le sait, qui assurera la présidence de l’UE au premier semestre 2011, et il semble qu’elle souhaite faire avancer ce projet, étant elle-même fortement engagée dans une politique de soutien envers les minorités hongroises à l’étranger, notamment celles de Roumanie et de Slovaquie. Au début du mois de novembre, M. Bernd Posselt s’est rendu à Budapest, où il a rencontré le Président hongrois ; cette question des « droits des groupes ethniques et des minorités » aurait été évoquée au cours de leur entretien, la Hongrie et les Allemands des Sudètes partageant des préoccupations et des intérêts communs en la matière, parmi lesquels l’annulation des décrets Benes[10].
Un site d’actualités européennes a bien annoncé le 19 novembre que « la situation économique délicate de l’Europe a poussé Budapest à redéfinir ses objectifs pour sa présidence de l’Union européenne » ; les questions sur la révision du traité de Lisbonne et la gouvernance économique seront prioritaires[11]. Mais une chose est sûre : la « diversité culturelle », en fait synonyme de « diversité linguistique » et de « diversité ethnique », continuera de figurer parmi les objectifs européens, et l’ethnicisation du politique suivra son cours. A Paris, la proposition de loi sur les langues régionales épouse ce processus, et va par là même accentuer dans certaines régions la recherche patiente et graduelle d’une autonomie croissante, ce qu’aucun Français ne saurait cautionner. Les députés doivent savoir quelles conséquences résulteraient de leur signature sous un tel texte.

Fait le 16 décembre 2010 par Mme Yvonne Bollmann, universitaire, germaniste


[1]http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/finistere/langues-regionales-scission-sur-le-texte-17-11-2010-1118083.php
[3] http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/cotesarmor/langues-regionales-la-proposition-de-loi-deposee-29-11-2010-1130620.php et http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/bretagne/langues-regionales-la-proposition-de-loi-a-ete-deposee-08-12-2010-1141426.php
[4]http://www.acstrasbourg.fr/sections/rhin_superieur_europ/les_langues_vivantes/convention_sur_la_po/la_nouvelle_conventi/downloadFile/attachedFile/20070713convention_signee_VLight.pdf?nocache=1184574999.69
[5] Frankfurter Allgemeine Zeitung , 13 décembre 2010.
[6] Land un sproch, Les cahiers du bilinguisme, 1993, numéro 106.
[7] http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/les-decisions/acces-par-date/decisions-depuis-1959/1999/99-412-dc/decision-n-99-412-dc-du-15-juin-1999.11825.html

NDA le 11 février 2011 dans l’Ain

18/12/2010 04:13 par dlr14ème_62

  • NDA le 11 février 2011 dans l’Ain

    NDA le 11 février 2011 dans l’Ain

    18/12/2010 04:13 par dlr14ème_62

Nicolas Dupont-Aignan sera dans l’Ain le 11 février prochain. Dans le cadre de son tour de France de la sortie de l’euro, il tiendra une réunion publique et rencontrera la presse locale.

NDA le 21 janvier 2011 en Meurthe-et-Moselle

18/12/2010 04:11 par dlr14ème_62

  • NDA le 21 janvier 2011 en Meurthe-et-Moselle

    NDA le 21 janvier 2011 en Meurthe-et-Moselle

    18/12/2010 04:11 par dlr14ème_62

Nicolas Dupont-Aignan sera en Meurthe-et-Moselle le 21 janvier prochain. Dans le cadre de son tour de France de la sortie de l’euro, il tiendra une réunion publique et rencontrera la presse locale.

NDA dans le Nord-Pas-de-Calais le 20 janvier 2011

18/12/2010 04:08 par dlr14ème_62

  • NDA dans le Nord-Pas-de-Calais le 20 janvier 2011

    NDA dans le Nord-Pas-de-Calais le 20 janvier 2011

    18/12/2010 04:08 par dlr14ème_62

Nicolas Dupont-Aignan sera dans le Nord-Pas-de-Calais le 20 janvier prochain. Dans le cadre de son tour de France de la sortie de l’euro, il tiendra une réunion publique et rencontrera la presse locale.

NDA dans l’Oise le 11 janvier 2011

18/12/2010 04:05 par dlr14ème_62

  • NDA dans l’Oise le 11 janvier 2011

    NDA dans l’Oise le 11 janvier 2011

    18/12/2010 04:05 par dlr14ème_62

Nicolas Dupont-Aignan sera dans l’Oise le 11 janvier prochain. Dans le cadre de son tour de France de la sortie de l’euro, il tiendra une réunion publique et rencontrera la presse locale.

Reportage de France 2 sur la sortie de l'euro

18/12/2010 04:00 par dlr14ème_62

  • Reportage de France 2 sur la sortie de l'euro

    Reportage de France 2 sur la sortie de l'euro

    18/12/2010 04:00 par dlr14ème_62

http://www.dailymotion.com/video/xg5uby_reportage-de-france-2-sur-la-sortie-de-l-euro_news

Débat Nicolas Dupont-Aignan / Michel Sapin

18/12/2010 03:58 par dlr14ème_62

  • Débat Nicolas Dupont-Aignan / Michel Sapin

    Débat Nicolas Dupont-Aignan / Michel Sapin

    18/12/2010 03:58 par dlr14ème_62

http://www.dailymotion.com/video/xg5mxn_debat-nicolas-dupont-aignan-michel-sapin_news

Le tour de France pour la sortie de l’euro a fait halte à Paris !

18/12/2010 03:53 par dlr14ème_62

  • Le tour de France pour la sortie de l’euro a fait halte à Paris !

    Le tour de France pour la sortie de l’euro a fait halte à Paris !

    18/12/2010 03:53 par dlr14ème_62

Alors que se tient aujourd’hui et demain à Madrid le Conseil Européen, Nicolas Dupont-Aignan a retrouvé les militants Debout la République devant le siège parisien de la commission de Bruxelles, juste en face de l’Assemblée Nationale.
Il a ainsi pu présenter à la presse le camion publicitaire flanqué de la nouvelle affiche DLR qui va faire le tour de la France et qui sera collée par les militants dans les départements.
Il a même tenu à conduire lui-même le camion qui a fait sensation dans les rues de la capitale !
Aujourd’hui, les Français se rendent compte que l’euro ne les a pas protégés de la crise. NDA a ainsi pu discuter avec les passants des effets pervers de l’euro sur l’économie française. Depuis la crise, ceux-ci se rendent bien compte que la sortie de l’euro, si elle n’est pas la solution à tous les problèmes, pourrait être l’amorce d’un renouveau.
Surtout, il est aujourd’hui très clair que l’euro est une monnaie de banquiers, au service de la finance et non pas des peuples européens. C’est pourquoi il faut en sortir rapidement : retrouver notre liberté monétaire, investir dans le XXIème et gouverner conformément à nos intérêts.
Le discours porté par Debout la République et son président trouve un réel écho populaire : ces tractages et discussions dans la rue en sont le révélateur.
Vous retrouverez ci-dessous en téléchargement libre les deux nouveaux documents DLR.
Ils vous donnent les clés de la sortie de l’euro, vous expliquent pourquoi il faut en sortir, et pourquoi il est facile d’en sortir.
Bonne lecture !
Et si vous êtes convaincu, n’hésitez pas à diffuser par voie électronique notre argumentaire et nos idées !
PDF - 1.5 Mo
Questions&réponses sur la sortie de l’euro
PDF - 1.4 Mo
Argumentaire sur la sortie de l’euro



Faut-il sortir de l’euro ?

18/12/2010 03:48 par dlr14ème_62

  • Faut-il sortir de l’euro ?

    Faut-il sortir de l’euro ?

    18/12/2010 03:48 par dlr14ème_62

Cela fait maintenant une dizaine d’années que l’euro a été lancé. Les troubles économiques majeurs que traverse le continent amènent à se demander sans tabou s’il ne faudrait pas mettre fin à cette hasardeuse expérimentation. Analyse des avantages et des inconvénients de la monnaie unique.
L’euro nous protège-t-il ?
Pour être honnête, la monnaie unique a eu quelques effets bénéfiques. Elle facilite les échanges au sein de la zone, même si elle n’a pas accéléré un mouvement qui lui préexistait largement. En outre, il faut se souvenir que seule 20% de la population va à l’étranger tous les ans. Ensuite, la convergence des taux longs a permis aux pays qui souffraient d’une forte prime de risque de réduire le coût de leur dette. Mais cette convergence s’est interrompue en 2008 et nous sommes revenus à la situation d’avant l’euro.
Mais surtout, il convient de tordre le cou à la mystification absolument incroyable selon laquelle l’euro nous aurait protégés pendant la crise. Outre les turbulences des marchés, un simple examen des chiffres démontre clairement le contraire : la zone euro est entrée en récession dès le 2ème trimestre 2008, soit un trimestre avant les Etats-Unis. En 2009, le PIB étasunien a baissé de 2,5%, contre 4% en Europe et en 2010, la croissance sera de 1.6% de ce côté ci de l’Atlantique, contre 2.6% de l’autre.
Et pourtant, la récession venait des Etats-Unis et y a été beaucoup plus dure que chez nous, avec une baisse de 30% de la valeur de l’immobilier qui a durement touché des millions de ménages. La crise aurait du être beaucoup plus dure aux Etats-Unis et c’est à cause de la politique européenne qu’elle a été plus forte sur le vieux continent. Et les derniers mois nous montrent bien que l’euro ne nous protège en aucun cas de la spéculation. Enfin, passons sur la protection de la Grèce ou de l’Irlande…
L’euro : un choix politique, pas économique
En fait, les problèmes actuels viennent du fait que l’euro est un choix essentiellement politique. La France de François Mitterrand y voyait un moyen d’ancrer l’Allemagne dans l’Europe après la chute du mur de Berlin. L’Allemagne l’a accepté uniquement parce que la BCE est l’exact décalque de la Bundesbank. Mais surtout, tous les fédéralistes y voyaient un moyen de contraindre l’Europe à se construire sur un modèle fédéral.
La zone euro n’est absolument pas une Zone Monétaire Optimale, comme le définissent les économistes, à savoir une zone géographique apte à partager une même monnaie. Aucun des trois critères nécessaires n’est rempli, à savoir la convergence macro-économique, la mobilité des travailleurs et l’existence d’un budget central. Les pays qui y participent sont trop dissemblables pour partager une même monnaie.
Même une avancée fédéraliste (totalement impossible quand on constate l’état de l’opinion Allemande qui propose aujourd’hui à la Grèce de vendre certaines de ses îles) ne serait pas une solution car les deux premiers critères ne seraient toujours pas vérifiés, ce qui laisserait trop de mécanismes pervers en œuvre, notamment la prime à une désinflation compétitive maladive. En outre, l’Europe n’est absolument pas un espace adapté à une construction de type fédéral.
Pire, une étude réalisée par un institut pourtant favorable à l’intégration européenne démontre que soixante-dix ans d’histoire commune entre la République Tchèque et la Slovaquie n’en ont pas fait une Zone Monétaire Optimale, malgré un budget central et un Etat de type autoritaire. La mobilité des travailleurs est restée faible et il n’y a pas eu la moindre convergence. Du coup, on voit mal comment ce qui a été impossible pour la Tchécoslovaquie pourrait être possible pour la zone euro.
L’euro cher
La faiblesse du cours de l’euro a aidé les économies européennes à la fin des années 90, mais depuis dix ans sa surévaluation chronique pénalise la croissance. En effet, hormis à sa naissance et pendant quelques temps (où il est descendu jusqu’à 0,82 dollar), l’euro est une monnaie dont le cours est trop élevé. Les économistes estiment que son cours normal devrait être entre 1 à 1,1 dollars à parité de pouvoir d’achat, soit encore une surévaluation de 20 à 30% aujourd’hui (et qui a atteint 50% mi-2008 à 1,6 dollar).
Cette surévaluation a une raison simple : la politique monétaire exagérément restrictive de la BCE par rapport à la Fed, qui pousse l’euro à la hausse. L’exemple le plus frappant, dénoncé par de nombreux économistes, est la décision incroyable de juin 2008, quand Jean-Claude Trichet avait trouvé le moyen de monter les taux alors que les Etats-Unis les avaient déjà baissés de 3 points ! Cette surévaluation est un énorme handicap commercial. Par exemple, en dix ans, la France est passée d’un excédent vis-à-vis des Etats-Unis à un déficit de 5 milliards et l’excédent de l’Allemagne a été divisé par deux.
Car cette surévaluation encourage les délocalisations. Tout d’abord, Airbus, fleuron de notre industrie, a décidé d’augmenter la part de ses composants produits en zone dollar pour se prémunir de la surévaluation chronique de l’euro : une partie du fuselage de l’A350 sera donc produit aux Etats-Unis. Un comble ! Les constructeurs automobiles Français ont suivi le même raisonnement : ils produisaient plus de 3 millions de voitures en France en 2004. Ce chiffre est tombé à un peu plus de 1,5 en 2009…
La désinflation compétitive
Dans un régime de change ajustable ou flottant, ajuster le cours de la monnaie est un des moyens les plus efficaces pour rééquilibrer les échanges commerciaux. La monnaie des pays en déficit a tendance à perdre de la valeur (favorisant les exportations et réduisant ses importations) alors que celle d’un pays en excédent a tendance à s’apprécier, pénalisant ses exportations et favorisant ses importations. Ce mécanisme naturel, qui contribue fortement au rééquilibrage des balances commerciales, est impossible avec l’euro.
Du coup, avec l’euro cher et des coûts salariaux à l’origine largement supérieurs à la moyenne, l’Allemagne a choisi de mener une politique de désinflation compétitive pour aider ses exportations. En effet, dans un système de parité complètement fixe, chaque point de hausse de salaire de moins que le voisin est un point de compétitivité coût de mieux qui permet de gagner la bataille commerciale. C’est ce que l’Allemagne a compris depuis le milieu des années 1990 et applique avec toute sa rigueur.
Ce blocage des salaires a permis à notre voisin d’outre-Rhin de grandement gagner en compétitivité et d’accumuler des excédents commerciaux grandissants vis-à-vis de l’ensemble de ses « partenaires » monétaires. Mais cette politique a un effet dépressif important (la croissance Allemande a été la plus faible de la zone dans les années 2000 – 0.8% par an - avec l’Italie), qui se transmet à l’ensemble de la zone.
Pire, ce comportement bien peu collectif a toutes les chances de pousser les autres pays à adopter la même politique de rigueur salariale absolue pour ne pas perdre en compétitivité. Mais déjà que cette politique avait un impact extrêmement négatif quand elle était uniquement poursuivie par l’Allemagne, elle pourrait se révéler désastreuse si davantage de pays y cédaient. En effet, cela réduirait encore le potentiel de croissance d’une zone qui n’a déjà pas brillé dans ce domaine depuis 10 ans…
Une même politique pour des réalités différentes
Mais ce n’est pas tout. L’autre problème majeur de l’euro est d’imposer une même politique monétaire à un ensemble de pays aux réalités trop disparates. Au milieu des années 2000, les taux directeurs de la BCE présentaient la double particularité d’être trop élevés pour des pays comme la France ou l’Allemagne, où ils ralentissaient une croissance déjà peu vaillante, et d’être trop faibles pour des pays comme l’Irlande ou l’Espagne, ce qui encourageait une croissance qui n’en avait pas besoin…
En effet, les économistes jugent le niveau des taux en les rapportant à la croissance nominale du PIB (croissance + inflation). Quand les taux sont supérieurs à la croissance nominale, ils ralentissent la croissance en rendant l’argent cher. Quand ils sont inférieurs, ils la soutiennent en rendant l’argent bon marché. Les années 2000 ont montré les ravages d’une politique unique pour des pays aussi différents.
En effet, en France et en Allemagne, la croissance nominale tournait entre 2 et 4%. La politique monétaire de la BCE ralentissait donc légèrement la faible croissance qu’il y avait des deux côtés du Rhin. En revanche, en Espagne ou en Irlande, la croissance nominale était d’au moins 6 à 7%. Du coup, la politique monétaire de la BCE accélérait inutilement la croissance de ces pays, et porte donc une part de responsabilité importante dans les bulles qui s’y sont développées.
Car ces deux pays ont fait ce qu’ils ont pu pour contrecarrer les effets de la politique monétaire de la BCE, trop laxiste pour eux. Les budgets étaient en excédent et leurs dettes étaient les plus faibles d’Europe. Mais ce dont ces pays avaient besoin était des taux d’intérêts à court terme à 7 ou 8%, qui auraient mis fin à la spéculation et à la bulle immobilière avant qu’elle ne devienne trop importante. Le ralentissement économique aurait été un petit prix à payer pour éviter le désastre actuel.
Euro cher qui pousse aux délocalisations, politique de compression des salaires, politique monétaire unique inadaptée à des réalités nationales différentes : les vices de l’euro sont immenses. Pire, ils ne sont pas corrigeables comme le montre le cas tchécoslovaque. Il n’y a donc qu’une seule solution : en sortir.
Laurent Pinsolle